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Document 1 / 1
J.O n° 265 du 16 novembre 1999 page 16959
Lois
LOI no 99-944 du 15 novembre 1999 relative au pacte civil de
solidarité (1)
NOR: JUSX9803236L
L'Assemblée nationale et le Sénat ont délibéré,
L'Assemblée nationale a adopté,
Vu la décision du Conseil constitutionnel no 99-419 DC en date du 9
novembre 1999;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article 1er
Le livre Ier du code civil est complété par un titre XII ainsi
rédigé :
« TITRE XII
« DU PACTE CIVIL DE SOLIDARITE ET DU CONCUBINAGE
« Chapitre Ier
« Du pacte civil de solidarité
« Art. 515-1. - Un pacte civil de solidarité est un contrat conclu
par deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même
sexe, pour organiser leur vie commune.
« Art. 515-2. - A peine de nullité, il ne peut y avoir de pacte
civil de solidarité :
« 1o Entre ascendant et descendant en ligne directe, entre alliés en
ligne directe et entre collatéraux jusqu'au troisième degré inclus ;
« 2o Entre deux personnes dont l'une au moins est engagée dans les
liens du mariage ;
« 3o Entre deux personnes dont l'une au moins est déjà liée par un
pacte civil de solidarité.
« Art. 515-3. - Deux personnes qui concluent un pacte civil de
solidarité en font la déclaration conjointe au greffe du tribunal d'instance
dans le ressort duquel elles fixent leur résidence commune.
« A peine d'irrecevabilité, elles produisent au greffier la
convention passée entre elles en double original et joignent les
pièces d'état civil permettant d'établir la validité de l'acte au
regard de l'article 515-2 ainsi qu'un certificat du greffe du
tribunal d'instance de leur lieu de naissance ou, en cas de
naissance à l'étranger, du greffe du tribunal de grande instance de
Paris, attestant qu'elles ne sont pas déjà liées par un pacte civil
de solidarité.
« Après production de l'ensemble des pièces, le greffier inscrit
cette déclaration sur un registre.
« Le greffier vise et date les deux exemplaires originaux de la
convention et les restitue à chaque partenaire.
« Il fait porter mention de la déclaration sur un registre tenu au
greffe du tribunal d'instance du lieu de naissance de chaque
partenaire ou, en cas de naissance à l'étranger, au greffe du
tribunal de grande instance de Paris.
« L'inscription sur le registre du lieu de résidence confère date
certaine au pacte civil de solidarité et le rend opposable aux tiers.
« Toute modification du pacte fait l'objet d'une déclaration
conjointe inscrite au greffe du tribunal d'instance qui a reçu l'acte
initial, à laquelle est joint, à peine d'irrecevabilité et en double
original, l'acte portant modification de la convention. Les
formalités prévues au quatrième alinéa sont applicables.
« A l'étranger, l'inscription de la déclaration conjointe d'un pacte
liant deux partenaires dont l'un au moins est de nationalité
française et les formalités prévues aux deuxième et quatrième
alinéas sont assurées par les agents diplomatiques et consulaires
français ainsi que celles requises en cas de modification du pacte.
« Art. 515-4. - Les partenaires liés par un pacte civil de
solidarité s'apportent une aide mutuelle et matérielle. Les
modalités de cette aide sont fixées par le pacte.
« Les partenaires sont tenus solidairement à l'égard des tiers des
dettes contractées par l'un d'eux pour les besoins de la vie
courante et pour les dépenses relatives au logement commun.
« Art. 515-5. - Les partenaires d'un pacte civil de solidarité
indiquent, dans la convention visée au deuxième alinéa de l'article
515-3, s'ils entendent soumettre au régime de l'indivision les
meubles meublants dont ils feraient l'acquisition à titre onéreux
postérieurement à la conclusion du pacte. A défaut, ces meubles sont
présumés indivis par moitié. Il en est de même lorsque la date d'acquisition
de ces biens ne peut être établie.
« Les autres biens dont les partenaires deviennent propriétaires à
titre onéreux postérieurement à la conclusion du pacte sont présumés
indivis par moitié si l'acte d'acquisition ou de souscription n'en
dispose autrement.
« Art. 515-6. - Les dispositions de l'article 832 sont applicables
entre partenaires d'un pacte civil de solidarité en cas de
dissolution de celui-ci, à l'exception de celles relatives à tout ou
partie d'une exploitation agricole, ainsi qu'à une quote-part
indivise ou aux parts sociales de cette exploitation.
« Art. 515-7. - Lorsque les partenaires décident d'un commun accord
de mettre fin au pacte civil de solidarité, ils remettent une
déclaration conjointe écrite au greffe du tribunal d'instance dans
le ressort duquel l'un d'entre eux au moins a sa résidence. Le
greffier inscrit cette déclaration sur un registre et en assure la
conservation.
« Lorsque l'un des partenaires décide de mettre fin au pacte civil
de solidarité, il signifie à l'autre sa décision et adresse copie de
cette signification au greffe du tribunal d'instance qui a reçu l'acte
initial.
« Lorsque l'un des partenaires met fin au pacte civil de solidarité
en se mariant, il en informe l'autre par voie de signification et
adresse copies de celle-ci et de son acte de naissance, sur lequel
est portée mention du mariage, au greffe du tribunal d'instance qui
a reçu l'acte initial.
« Lorsque le pacte civil de solidarité prend fin par le décès de
l'un au moins des partenaires, le survivant ou tout intéressé
adresse copie de l'acte de décès au greffe du tribunal d'instance
qui a reçu l'acte initial.
« Le greffier, qui reçoit la déclaration ou les actes prévus aux
alinéas précédents, porte ou fait porter mention de la fin du pacte
en marge de l'acte initial. Il fait également procéder à l'inscription
de cette mention en marge du registre prévu au cinquième alinéa de
l'article 515-3.
« A l'étranger, la réception, l'inscription et la conservation de la
déclaration ou des actes prévus aux quatre premiers alinéas sont
assurées par les agents diplomatiques et consulaires français, qui
procèdent ou font procéder également aux mentions prévues à l'alinéa
précédent.
« Le pacte civil de solidarité prend fin, selon le cas :
« 1o Dès la mention en marge de l'acte initial de la déclaration
conjointe prévue au premier alinéa ;
« 2o Trois mois après la signification délivrée en application du
deuxième alinéa, sous réserve qu'une copie en ait été portée à la
connaissance du greffier du tribunal désigné à cet alinéa ;
« 3o A la date du mariage ou du décès de l'un des partenaires.
« Les partenaires procèdent eux-mêmes à la liquidation des droits et
obligations résultant pour eux du pacte civil de solidarité. A
défaut d'accord, le juge statue sur les conséquences patrimoniales
de la rupture, sans préjudice de la réparation du dommage
éventuellement subi. »
Article 2
Après l'article 506 du code civil, il est inséré un article 506-1
ainsi rédigé :
« Art. 506-1. - Les majeurs placés sous tutelle ne peuvent conclure
un pacte civil de solidarité.
« Lorsque au cours d'un pacte civil de solidarité l'un des
partenaires est placé sous tutelle, le tuteur autorisé par le
conseil de famille ou, à défaut, le juge des tutelles peut mettre
fin au pacte selon les modalités prévues au premier ou au deuxième
alinéa de l'article 515-7.
« Lorsque l'initiative de rompre le pacte est prise par l'autre
partenaire, la signification mentionnée aux deuxième et troisième
alinéas du même article est adressée au tuteur. »
Article 3
Le titre XII du livre Ier du code civil est complété par un chapitre
II ainsi rédigé :
« Chapitre II
« Du concubinage
« Art. 515-8. - Le concubinage est une union de fait, caractérisée
par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de
continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe,
qui vivent en couple. »
Article 4
I. - Le 1 de l'article 6 du code général des impôts est complété par
un alinéa ainsi rédigé :
« Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité défini à l'article
515-1 du code civil font l'objet, pour les revenus visés au premier
alinéa, d'une imposition commune à compter de l'imposition des
revenus de l'année du troisième anniversaire de l'enregistrement du
pacte. L'imposition est établie à leurs deux noms, séparés par le
mot : "ou". »
II. - Après le 6 de l'article 6 du code général des impôts, il est
inséré un 7 ainsi rédigé :
« 7. Chacun des partenaires liés par un pacte civil de solidarité
est personnellement imposable pour les revenus dont il a disposé l'année
au cours de laquelle le pacte a pris fin dans les conditions prévues
à l'article 515-7 du code civil.
« Lorsque les deux partenaires liés par un pacte civil de solidarité
et soumis à imposition commune contractent mariage, les dispositions
du 5 ne s'appliquent pas.
« En cas de décès de l'un des partenaires liés par un pacte civil de
solidarité et soumis à imposition commune, le survivant est
personnellement imposable pour la période postérieure au décès. »
III. - Les règles d'imposition et d'assiette, autres que celles
mentionnées au dernier alinéa du 1 et au 7 de l'article 6 du code
général des impôts, les règles de liquidation et de paiement de l'impôt
sur le revenu et des impôts directs locaux ainsi que celles
concernant la souscription des déclarations et le contrôle des mêmes
impôts prévues par le code général des impôts et le livre des
procédures fiscales pour les contribuables mentionnés au deuxième
alinéa du 1 de l'article 6 du code général des impôts s'appliquent
aux partenaires liés par un pacte civil de solidarité qui font l'objet
d'une imposition commune.
Article 5
I. - Il est inséré, dans le code général des impôts, un article 777
bis ainsi rédigé :
« Art. 777 bis. - La part nette taxable revenant au partenaire lié
au donateur ou au testateur par un pacte civil de solidarité défini
à l'article 515-1 du code civil est soumise à un taux de 40 % pour
la fraction n'excédant pas 100 000 F et à un taux de 50 % pour le
surplus.
« Ces taux ne s'appliquent aux donations que si, à la date du fait
générateur des droits, les partenaires sont liés depuis au moins
deux ans par un pacte civil de solidarité. »
II. - A l'article 780 du code général des impôts, les mots : «
article 777 » sont remplacés par les mots : « articles 777, 777 bis
».
III. - L'article 779 du code général des impôts est complété par un
III ainsi rédigé :
« III. - Pour la perception des droits de mutation à titre gratuit,
il est effectué un abattement de 300 000 F sur la part du partenaire
lié au donateur ou au testateur par un pacte civil de solidarité
défini à l'article 515-1 du code civil. Pour les mutations à titre
gratuit entre vifs consenties par actes passés à compter du 1er
janvier 2000 et pour les successions ouvertes à compter de cette
date, le montant de l'abattement est de 375 000 F.
« Cet abattement ne s'applique aux donations que si, à la date du
fait générateur des droits, les partenaires sont liés depuis au
moins deux ans par un pacte civil de solidarité. »
Article 6
I. - Après le quatrième aliéna de l'article 885-A du code général
des impôts, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité défini par
l'article 515-1 du code civil font l'objet d'une imposition commune.
»
II. - Au II de l'article 885 W du code général des impôts, après les
mots : « Les époux », sont insérés les mots : « et les partenaires
liés par un pacte civil de solidarité défini par l'article 515-1 du
code civil ».
III. - A l'article 1723 ter-00 B du code général des impôts, après
les mots : « Les époux », sont insérés les mots : « et les
partenaires liés par un pacte civil de solidarité défini par l'article
515-1 du code civil ».
Article 7
Le premier alinéa de l'article L. 161-14 du code de la sécurité
sociale est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Il en est de même de la personne liée à un assuré social par un
pacte civil de solidarité lorsqu'elle ne peut bénéficier de la
qualité d'assuré social à un autre titre. »
Article 8
Les dispositions des articles L. 223-7, L. 226-1, quatrième alinéa,
et L. 784-1 du code du travail sont applicables aux partenaires liés
par un pacte civil de solidarité.
Article 9
Le dernier alinéa de l'article L. 361-4 du code de la sécurité
sociale est ainsi rédigé :
« Si aucune priorité n'est invoquée dans un délai déterminé, le
capital est attribué au conjoint survivant non séparé de droit ou de
fait, au partenaire auquel le défunt était lié par un pacte civil de
solidarité ou à défaut aux descendants et, dans le cas où le de
cujus ne laisse ni conjoint survivant, ni partenaire d'un pacte
civil de solidarité, ni descendants, aux ascendants. »
Article 10
Le deuxième alinéa de l'article L. 523-2 du code de la sécurité
sociale est ainsi rédigé :
« Lorsque le père ou la mère titulaire du droit à l'allocation de
soutien familial se marie, conclut un pacte civil de solidarité ou
vit en concubinage, cette prestation cesse d'être due. »
Article 11
Le deuxième alinéa (1o) de l'article L. 356-3 du code de la sécurité
sociale est ainsi rédigé :
« 1o Se remarie, conclut un pacte civil de solidarité ou vit en
concubinage ; ».
Article 12
La conclusion d'un pacte civil de solidarité constitue l'un des
éléments d'appréciation des liens personnels en France, au sens du
7o de l'article 12 bis de l'ordonnance no 45-2658 du 2 novembre 1945
relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en
France, pour l'obtention d'un titre de séjour.
Article 13
I. - Dans la deuxième phrase du quatrième alinéa de l'article 60 de
la loi no 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires
relatives à la fonction publique de l'Etat, après les mots : «
raisons professionnelles, », sont insérés les mots : « aux
fonctionnaires séparés pour des raisons professionnelles du
partenaire avec lequel ils sont liés par un pacte civil de
solidarité ».
II. - Dans l'article 62 de la loi no 84-16 du 11 janvier 1984
précitée, après les mots : « raisons professionnelles », sont
insérés les mots : « , les fonctionnaires séparés pour des raisons
professionnelles du partenaire avec lequel ils sont liés par un
pacte civil de solidarité ».
III. - Dans les premier et deuxième alinéas de l'article 54 de la
loi no 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires
relatives à la fonction publique territoriale, après les mots : «
raisons professionnelles », sont insérés les mots: « , les
fonctionnaires séparés pour des raisons professionnelles du
partenaire avec lequel ils sont liés par un pacte civil de
solidarité ».
IV. - Dans l'article 38 de la loi no 86-33 du 9 janvier 1986 portant
dispositions statutaires relatives à la fonction publique
hospitalière, après les mots : « raisons professionnelles », sont
insérés les mots : « , les fonctionnaires séparés pour des raisons
professionnelles du partenaire avec lequel ils sont liés par un
pacte civil de solidarité ».
Article 14
I. - Après le troisième alinéa de l'article 14 de la loi no 89-462
du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et
portant modification de la loi no 86-1290 du 23 décembre 1986, il
est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« - au profit du partenaire lié au locataire par un pacte civil de
solidarité ; ».
II. - Après le septième alinéa du même article 14, il est inséré un
alinéa ainsi rédigé:
« - au partenaire lié au locataire par un pacte civil de solidarité
; ».
III. - Dans la deuxième phrase du premier alinéa du I de l'article
15 de la même loi, après les mots : « bailleur, son conjoint, »,
sont insérés les mots : « le partenaire auquel il est lié par un
pacte civil de solidarité enregistré à la date du congé, ».
IV. - Dans la deuxième phrase du premier alinéa du I du même article
15, après les mots : « ceux de son conjoint », le mot : « ou » est
remplacé par les mots : « , de son partenaire ou de son ».
Article 15
Les conditions d'application de la présente loi sont fixées par
décrets en Conseil d'Etat.
Le décret relatif aux conditions dans lesquelles sont traitées et
conservées les informations relatives à la formation, la
modification et la dissolution du pacte civil de solidarité est pris
après avis de la Commission nationale de l'informatique et des
libertés.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 15 novembre 1999.
Jacques Chirac+
Par le Président de la République:
Le Premier ministre,
Lionel Jospin
La ministre de l'emploi et de la solidarité,
Martine Aubry
Le garde des sceaux, ministre de la justice,
Elisabeth Guigou
Le ministre de l'intérieur,
Jean-Pierre Chevènement
Le ministre des affaires étrangères,
Hubert Védrine
Le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie,
Christian Sautter
Le ministre de l'équipement, des transports et du logement,
Jean-Claude Gayssot
Le ministre de la fonction publique, de la réforme de l'Etat et de
la décentralisation,
Emile Zuccarelli
(1) Loi no 99-944.
- Travaux préparatoires :
Assemblée nationale :
Propositions de loi nos 1118, 1119, 1120, 1121 et 1122 ;
Rapport de M. Jean-Pierre Michel, au nom de la commission des lois,
no 1138 ;
Avis de M. Patrick Bloche, au nom de la commission des affaires
culturelles, no 1143 ;
Discussion les 3, 7, 8 novembre, 1er, 2 et 3 décembre 1998 et
adoption le 9 décembre 1998.
Sénat :
Proposition de loi no 108 (1998-1999) ;
Rapport de M. Patrice Gélard, au nom de la commission des lois, no
258 (1998-1999) ;
Avis de M. Philippe Marini, au nom de la commission des finances, no
261 (1998-1999) ;
Discussion les 17 et 18 mars 1999 et adoption le 23 mars 1999.
Assemblée nationale :
Proposition de loi, modifiée par le Sénat, no 1479 ;
Rapport de M. Jean-Pierre Michel, au nom de la commission des lois,
no 1482 ;
Avis de M. Patrick Bloche, au nom de la commission des affaires
culturelles, no 1483 ;
Discussion les 30, 31 mars et 1er avril 1999 et adoption le 7 avril
1999.
Sénat :
Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale en deuxième
lecture, no 310 (1998-1999) ;
Rapport de M. Patrice Gélard, au nom de la commission des lois, no
335 (1998-1999) ;
Discussion et rejet le 11 mai 1999.
Assemblée nationale :
Rapport de M. Jean-Pierre Michel, au nom de la commission mixte
paritaire, no 1601.
Sénat :
Rapport de M. Patrice Gélard, au nom de la commission mixte
paritaire, no 361 (1998-1999).
Assemblée nationale :
Proposition de loi, rejetée par le Sénat en deuxième lecture, no
1587 ;
Rapport de M. Jean-Pierre Michel, au nom de la commission des lois,
no 1639 ;
Avis de M. Patrick Bloche, au nom de la commission des affaires
culturelles, no 1674 ;
Discussion les 8 et 9 juin 1999 et adoption le 15 juin 1999.
Sénat :
Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale en nouvelle
lecture, no 429 (1998-1999) ;
Rapport de M. Patrice Gélard, au nom de la commission des lois, no
450 (1998-1999) ;
Discussion et rejet le 30 juin 1999.
Assemblée nationale :
Proposition de loi, rejetée par le Sénat en nouvelle lecture, no
1773 ;
Rapport de M. Jean-Pierre Michel, au nom de la commission des lois,
no 1828 ;
Discussion le 12 octobre 1999 et adoption le 13 octobre 1999.
- Conseil constitutionnel :
Décision no 99-419 DC du 9 novembre 1999 publiée au Journal officiel
de ce jour. |
Domuneto 1 / 1
J.O. n. 265 du
16 Novembre 1999 page 16959
Lois
Legge n. 99/944,
del 15 novembre 1999 relativa al patto civile di solidarietà.
Articolo 1
Il libro I del
codice civile è completato da un titolo XII così redatto:
TITOLO XII
DEL PATTO CIVILE
DI SOLDARIETA’ E DEL CONCUBINAGGIO.
Capitolo I
Il patto civile
di solidarietà
Art. 515-1. - Il
patto civile di solidarietà è un contratto stipulato da due persone
fisiche maggiorenni, di sesso diverso o del medesimo sesso, per
organizzare la loro vita comune.
Art. 515-2. - A
pena di nullità, non può aversi patto civile di solidarietà:
1 °- tra
ascendenti e discendenti in linea retta, tra parenti in linea retta
e tra collaterali sino al terzo grado incluso;
2° - tra due
persone delle quali almeno una è legata da vincolo matrimoniale;
3° - tra due
persone delle quali almeno una è già legata da un patto civile di
solidarietà.
Art. 515 – 3. -
Due persone che stipulano un patto civile di solidarietà ne fanno
dichiarazione congiunta presso la cancelleria del tribunale
d'istanza del luogo dove fissano la loro residenza comune.
A pena di
irricevibilità, essi depositano in cancelleria la convenzione
stipulata tra loro in doppio originale e aggiungono la
documentazione dello stato civile che permette di stabilire la
validità dell'atto secondo l'art. 512-2, e un certificato della
cancelleria del tribunale d'istanza del loro luogo di nascita o, in
caso di nascita all'estero, della cancelleria del tribunale di
grande istanza di Parigi, che attesta che essi non sono già legati
da un patto civile di solidarietà.
Dopo la
presentazione di tutti questi documenti, la cancelleria annota
questa dichiarazione su un registro.
La cancelleria
appone un visto e la data ai due esemplari originali della
convenzione e li restituisce a ciascun partner.
È necessario
menzionare la dichiarazione in un registro tenuto presso la
cancelleria del tribunale d'istanza del luogo di nascita di ciascun
partner o, nel caso di nascita all'estero, presso la cancelleria del
tribunale di grande istanza di Parigi.
L'iscrizione sul
registro dei luoghi di residenza conferisce data certa al patto
civile di solidarietà e lo rende opponibile ai terzi.
Ogni
modificazione dell'atto è oggetto di una dichiarazione congiunta
registrata presso la cancelleria del tribunale d'istanza che ha
ricevuto l'atto iniziale, alla quale viene aggiunto, a pena di
irricevibilità e in doppio originale, l'atto che porta le
modificazioni alla convenzione. Si applicano le formalità previste
da questo capoverso.
All'estero, la
registrazione di una dichiarazione congiunta di un patto che lega
due partners, di cui almeno uno è di nazionalità francese, e le
formalità previste nel secondo e quarto capoverso sono assicurate
dagli agenti diplomatici e consolari francesi come anche quelle
richieste in caso di modificazione del patto.
Art. 515-4. - I
partners legati da un patto civile di solidarietà si conferiscono un
aiuto mutuo e materiale. Le modalità di questo aiuto sono
determinate nel patto.
I partners sono
tenuti in solido nei confronti dei terzi per quanto riguarda i
debiti contratti da uno di loro per le necessità della vita corrente
e per le spese relative all'alloggio comune.
Art. 515-5. -I
partners di un patto civile di solidarietà indicano, nella
convenzione prevista dal secondo capoverso dell'art. 513-3, se essi
intendono assoggettarsi al regime di comunione dei beni mobili che
essi acquisteranno a titolo oneroso posteriormente alla stipulazione
del patto. In mancanza di tale dichiarazione, questi beni mobili si
presumono indivisi per la metà. Lo stesso accade quando non sia
possibile determinare la data dell'acquisto di questi beni mobili.
Gli altri beni,
dei quali i partners divengono proprietari a titolo oneroso
posteriormente alla stipulazione del patto, si presumono indivisi
per la metà se l'atto di acquisto o di sottoscrizione non dispone
diversamente.
Art. 515-6. - Le
disposizioni dell'art. 832 sono applicabili tra i partners di un
patto civile di solidarietà in caso di scioglimento di questo, ad
eccezione di quelle relative a una coltivazione agricola, o parte di
essa, così come a una quota parte indivisa o a partecipazioni
sociali di questa coltivazione.
Art. 515 – 7.
-Quando i partners decidono di comune accordo di mettere fine al
patto civile di solidarietà, essi depositano una dichiarazione
congiunta scritta presso la cancelleria del tribunale d'istanza del
luogo nel quale almeno uno di loro ha la residenza. La cancelleria
annota questa dichiarazione su un registro e ne assicura la
conservazione.
Quando uno dei
partners decide di mettere fine al patto civile di solidarietà,
notifica all'altro la sua decisione e invia copia di questa notifica
alla cancelleria del tribunale d'istanza che ha ricevuto l'atto
iniziale.
Quando uno dei
partners mette fine al patto civile di solidarietà sposandosi,
informa l'altra parte a mezzo di notifica e indirizza copia di
questa e del suo atto di nascita, sul quale è fatta menzione del
matrimonio, alla cancelleria del tribunale che ha ricevuto l'atto
iniziale.
Quando il patto
civile di solidarietà viene a cessare per la morte di almeno uno dei
partners, il partner superstite o chiunque ne abbia interesse invia
copia dell'atto di morte alla cancelleria del tribunale di istanza
che ha ricevuto l'atto iniziale.
La cancelleria,
che riceve la dichiarazione o gli atti previsti nei capoversi
precedenti, riporta, o fa riportare, menzione della fine del patto
in margine all'atto iniziale. Ugualmente provvede all'iscrizione di
questa menzione in margine al registro previsto dal quinto capoverso
dell'art. 515-3.
All'estero,
l'accettazione, l'iscrizione e la conservazione della dichiarazione
o degli atti previsti dai quattro primi capoversi sono assicurati
dagli agenti diplomatici e consolari francesi, che procedono
ugualmente, o provvedono che si proceda, alle menzioni previste nel
capoverso precedente.
Il patto civile
di solidarietà viene a cessare, secondo i casi:
1 ° - dal
momento della menzione in margine all'atto iniziale della
dichiarazione congiunta prevista dal primo capoverso;
2° - tre mesi
dopo la notifica fatta in applicazione al secondo capoverso, con
riserva che una copia ne sia portata a conoscenza della cancelleria
del tribunale designato da questo capoverso;
3° - alla data
del matrimonio o della morte di uno dei partners.
I partners
procedono essi stessi alla liquidazione dei diritti e delle
obbligazioni risultanti per essi dal patto civile di solidarietà. In
mancanza di accordo, il giudice decide sulle conseguenze
patrimoniali dello scioglimento, senza pregiudizio della riparazione
dei danni eventualmente subiti.
Articolo 2
Dopo l'art. 506
del codice civile, è inserito un art. 506 - 1 così redatto:
Art. 506-1. - I
maggiorenni sotto tutela non possono concludere un patto civile di
solidarietà.
Quando durante
un patto civile di solidarietà, uno dei due partners è posto sotto
tutela, il tutore autorizzato dal consiglio di famiglia o, in
mancanza, il giudice tutelare può mettere fine al patto secondo le
modalità previste dal primo o dal secondo capoverso dell'art. 515-7
.
Quando
l'iniziativa di rompere il patto è presa dall'altro partner, la
notifica menzionata nel secondo e terzo capoverso dello stesso
articolo è indirizzata al tutore.
Articolo 3
Il titolo XII
del primo libro del codice civile è completato da un capitolo II
così redatto:
Capitolo II
Del concubinato
Art. 515-8. -II
concubinato è un'unione di fatto, caratterizzata da una vita comune
che presenta un carattere di stabilità e continuità, tra due
persone, di sesso diverso o del medesimo sesso, che vivono in
coppia.
Articolo 4
I. - Il numero 1
dell'art. 6 del codice generale delle imposte è completato con un
capoverso cosi redatto:
I partners
legati da un patto civile di solidarietà definito all'art. 515 -1
del codice civile, per i redditi previsti nel primo capoverso, sono
soggetti a una imposta comune a contare dall'imposizione dei redditi
dell'anno del terzo anniversario della registrazione del patto.
L'imposizione è stabilita ai loro due nomi, separati dalla parola
"o".
II. - Dopo il n.
6 dell'art. 6 del codice generale delle imposte è inserito un numero
7 così redatto:
7. Ciascun
partner legato da un patto civile di solidarietà è personalmente
imputabile per i redditi di cui ha avuto la disposizione per l'anno
in cui è stato posto termine al patto alle condizioni previste
dall'art. 515 - 7 del codice civile.
Quando i due
partners legati da un patto civile di solidarietà e sottoposti a
imposizione comune contraggono matrimonio, le disposizioni del n. 5
non si applicano più.
In caso di
decesso di uno dei partners, legati dal patto civile di solidarietà
e sottoposti a imposizione comune, il partner superstite è
personalmente imputabile per il periodo posteriore al decesso.
III - Le regole
fondamentali di imposizione fiscale, oltre che quelle menzionate
nell'ultimo capoverso del n. 1 e al n. 7 dell'art. 6 del codice
generale delle imposte, le regole di liquidazione e di pagamento
dell'imposta sul reddito e delle imposte dirette locali, come quelle
concernenti la sottoscrizione di dichiarazioni e il controllo delle
stesse imposte previste dal codice generale delle imposte e il libro
di procedura fiscale per i contribuenti menzionati al secondo
capoverso del n. 1 dell'art. 6 del codice generale delle imposte, si
applicano ai partners legati da patto civile di solidarietà che sono
soggetti a imposizione comune.
Articolo 5
I. - Nel codice
generale delle imposte è inserito un art. 777 bis così redatto:
Art. 777 bis. -
La parte netta tassabile, conseguita da un partner legato al
donatore o al testatore da un patto civile di solidarietà definito
dall'art. 515 - 1 del codice civile, è soggetta ad una tassa del 40%
per la frazione che non ecceda 100.000 franchi e a una tassa del 50%
per il rimanente.
Queste tasse si
applicano alle donazioni soltanto se, alla data del fatto generatore
dei diritti in questione, i partners sono legati da almeno due anni
da un patto civile di solidarietà.
II. - All'art.
780 del codice generale delle imposte, le parole « articolo 777 »
sono sostituite dalle parole « articoli 777, 777 bis ».
III. - L'art.
779 del codice generale delle imposte è completato da un n. III così
redatto:
« III. - Per la
percezione della tassa di voltura di un atto a titolo gratuito, è
effettuata una riduzione di 300.000 franchi sulla parte del partner
legato al donatore o al testatore da un patto civile di solidarietà
definito dall'art. 515 - 1 del codice civile. Per le volture di atti
a titolo gratuito tra vivi autorizzate per atto inserito nella
contabilità a partire dal 1 ° gennaio 2000 e per le successioni
aperte a contare da tale data, l'ammontare della riduzione è di
375.000 franchi.
Questa riduzione
si applica alle donazioni solo se, alla data del fatto generatore
dei diritti in questione, i partners sono legati da un patto civile
di solidarietà da almeno due anni ».
Articolo 6
I. - Dopo il
quarto capoverso dell'art. 885 A del codice generale delle imposte,
è inserito un capoverso così redatto:
« I partners
legati da un patto civile di solidarietà definito dall'ari. 515 - 1
del codice civile sono sottoposti a una imposizione comune».
II. - Al n. II
dell'art. 885 del codice generale delle imposte, dopo le parole:
«gli sposi», sono inserite le parole: «e i partners legati da un
patto civile di solidarietà definito dall'art. 515 - 1 del codice
civile».
III. - All'art.
1723 ter - 00 B del codice generale delle imposte. dopo le parole:
«gli sposi», sono inserite le parole « e i partners legati da un
patto civile di solidarietà definito dall'art. 515 - 1 del codice
civile».
Articolo 7
Il primo
capoverso dell'art. L. 161-14 del codice della sicurezza sociale è
completato da una frase così redatta:
« Lo stesso vale
per la persona legata a una assicurazione sociale da un patto civile
di solidarietà quando essa non può beneficiare della qualità di
assicurato sociale ad altro titolo. »
Articolo 7
Le disposizioni
degli artt. L. 223 -7, L. 226 - 1, quarto capoverso, e L. 784 - 1
del codice di lavoro sono applicabili ai partners legati da un patto
civile di solidarietà.
Articolo 9
L'ultimo
capoverso dell'art. L. 361 - 4 del codice della sicurezza sociale è
così redatto:
« e nessuna
priorità è invocata in un termine determinato, il capitale è
attribuito al congiunto superstite non separato di diritto o di
fatto, al partner al quale il defunto è stato legato da un patto
civile di solidarietà o in mancanza ai discendenti e, nel caso in
cui il de cuius non lasci né un congiunto superstite, né un partner
di un patto civile di solidarietà, né discendenti, agli ascendenti.
»
Articolo 10
Il secondo
capoverso dell'art. L. 523 - 2 del codice della sicurezza sociale è
così redatto:
« Quando il
padre o la madre titolari del diritto di sostegno familiare sì
sposa, conclude un patto civile di solidarietà o vive in
concubinato, questa prestazione cessa di essere dovuta. »
Articolo 11
Il secondo
capoverso (1 °) dell'art. L. 356 - 3 del codice della sicurezza
sociale è così redatto: « si risposa, conclude un patto civile di
solidarietà o vive in concubinato ; ».
Article 12
La conclusione
di un patto civile di solidarietà costituisce uno degli elementi di
valutazione dei legami personali in Francia, ai sensi del n. 7
dell'art. 12 bis dell'ordinanza n. 45-2658 del 2 novembre 1945,
relativo alle condizioni di ingresso e di soggiorno degli stranieri
in Francia, per l'ottenimento del permesso di soggiorno.
Article 13
I. - Nella
seconda frase del quarto capoverso dell'art. 60 della legge n. 84-16
dell' l 1 gennaio 1984, recante disposizioni statutarie relative
alla funzione pubblica dello Stato, dopo le parole: «ragioni
professionali» sono inserite le parole: «ai funzionari separati per
ragioni professionali dal partner con il quale sono legati da un
patto civile di solidarietà».
II. - Nell'art.
62 della legge n. 84-16 dell' 11 gennaio 1984 sopra citata, dopo le
parole: «ragioni professionali» sono inserite le parole: «ai
funzionari separati per ragioni professionali dal partner con il
quale sono legati da un patto civile di solidarietà».
III. - Nel primo
e secondo capoverso dell'art. 54 della legge n. 84-53 del 26 gennaio
1984, recante disposizioni statutarie relative alla funzione
pubblica territoriale, dopo le parole: «ragioni professionali» sono
inserite le parole: «ai funzionari separati per ragioni
professionali dal partner con il quale sono legati da un patto
civile di solidarietà».
IV. - Nell'art.
38 della legge n. 86-33 del 9 gennaio 1986, recante disposizioni
statutarie relative alla funzione pubblica ospedaliera, dopo le
parole: «ragioni professionali» sono inserite le parole: «i
funzionari separati per ragioni professionali dal partner con il
quale sono legati da un patto civile di solidarietà».
Articolo 14
I. - Dopo il
terzo capoverso dell' art. 14 della legge n. 89-462 del 6 luglio
1989, mirante a migliorare i rapporti di locazione e recante
disposizioni della legge n. 86-1290 del 23 dicembre 1986, è inserito
un capoverso così redatto: a vantaggio del partner legato al
locatario da un patto civile di solidarietà.
II. - Dopo il
settimo capoverso del medesimo art. 14 è inserito un capoverso così
redatto: al partner legato al locatario da un patto civile di
solidarietà.
III, - Nella
seconda frase del primo capoverso del n. I dell'art. 15 della
medesima legge, dopo le parole: «locatore, suo congiunto» sono
inserite le parole: «il partner al quale egli è legato da patto
civile di solidarietà registrato alla data del congedo».
IV. - Nella
seconda frase del primo capoverso del n. I del medesimo art. 15,
dopo le parole: «quelli del suo congiunto» la parola "o" è
sostituita dalle parole: «del suo partner o del suo».
Articolo 15
Le condizioni di
applicazione della presente legge sono fissate per decreto del
Consiglio di Stato.
Il decreto
relativo alle condizioni alle quali sono trattate e conservate le
informazioni relative alla formazione, alla modifica e allo
scioglimento del patto civile di solidarietà è adottato dopo il
parere della Commissione nazionale dell'informatica e delle libertà.
Tratto da
www.arcigay.it |